POURQUOI LES MALLS ? đïžâš
Ă Abidjan, Dakar ou Accra, les malls dominent lâhorizon architectural de leurs quartiers.
Mais ils ne dominent pas forcĂ©ment le panier de la mĂ©nagĂšre : si on retire le circuit traditionnel (marchĂ©s, vendeurs de rue, boutiques) et les supermarchĂ©s de proximitĂ©, la part de marchĂ© rĂ©elle des grands centres commerciaux reste marginale. đ
En clair : CES GĂANTS DE BĂTON SONT DES NAINS DES TRANSACTIONS.
Et ils génÚrent des coûts fixes importants : foncier, sécurité, parkings, etc.
MAIS CE SONT DES COLOSSES DE LâEXPĂRIENCE. đ
1. LE MALL EST DâABORD UNE VITRINE đŒïž
Pour Prosuma et Carrefour, ce nâest pas un lieu de volume, mais avant tout un vecteur de crĂ©dibilitĂ©. On y installe les standards, on rassure les marques, on construit son image. Et surtout, on sâinstalle dans lâimaginaire collectif.
2. LE FOCUS : 100% EXPĂRIENCE CLIENT đ€©
Allez Ă PlaYce ou Abidjan Mall ou Accra Mall le samedi aprĂšs-midi : on ne va pas au Mall par nĂ©cessitĂ©, on y va pour "ĂȘtre lĂ ". Câest un lieu de rendez-vous, de sortie familiale, de selfie.
MĂȘme si le client nâachĂšte rien au supermarchĂ©, il a passĂ© 3 heures dans lâĂ©cosystĂšme (food court, cinĂ©ma, loisirs, etc.).
Pour Prosuma ou CFAO, le Mall achĂšte quelque chose de plus prĂ©cieux qu'une transaction : il achĂšte du temps dâattention (« mental availability ») et une forme dâengagement Ă©motionnel, lĂ oĂč le supermarchĂ© de quartier achĂšte de la commoditĂ©. đ§ â€ïž
3. LE MODĂLE ĂCONOMIQUE : UNE COLLABORATION CROISĂE đ€
Les boutiques de la galerie gĂ©nĂšrent des loyers et des marges plus Ă©levĂ©es lĂ oĂč le supermarchĂ© doit rester compĂ©titif et servir de produit dâappel.
Cela permet de limiter les dĂ©gĂąts en termes dâinvestissements et de coĂ»ts fixes.
4. LES MALLS NE SONT PLUS RĂSERVĂS Ă UNE ĂLITE đ
Lâexemple de Cosmos Yopougon le prouve : en allant Ă la rencontre dâune clientĂšle moins favorisĂ©e, il dĂ©mocratise le concept.
En apportant l'expĂ©rience "luxe" (climatisation, escalators, propretĂ©) dans un quartier populaire, on ne remplace pas le marchĂ©, on rĂ©pond Ă un besoin croissant de consommation-plaisir. Et on parie sur lâĂ©mergence dâune future classe moyenne que lâon veut fidĂ©liser dĂšs maintenant. đ
Bien sûr, Auchan et sa stratégie « zéro mall » privilégiant la proximité radicale est une exception forte. Difficile de dire qui a ET aura raison :
·    Auchan et son focus sur lâaccessibilitĂ© et le besoin immĂ©diat. đ
·    Les malls et la construction dâune image forte et dâune fidĂ©litĂ© solide. đïž
Peut-ĂȘtre les deux ? Et vous, quel est votre camp ?Â